À quelques mois de la fin de son mandat à la tête des Nations unies, António Guterres réunit les dirigeants mondiaux à New York pour un nouveau rendez-vous consacré au climat. Le sommet du 23 septembre 2026 intervient dix ans après l’adoption de l’Accord de Paris, dans un contexte marqué par la multiplication des chocs climatiques et par une transition énergétique qui progresse, mais reste confrontée à la persistance des investissements dans le pétrole, le gaz et le charbon.

Le Climate Summit 2026, convoqué par le secrétaire général de l’ONU, rassemble des représentants de grandes économies, de pays en développement, d’États particulièrement vulnérables ainsi que des principaux producteurs et consommateurs d’énergie. L’objectif annoncé est de renforcer la coopération internationale et d’accélérer l’action sur plusieurs fronts : transition énergétique, sécurité énergétique, justice climatique, adaptation et financement.
Un appel à planifier la sortie des fossiles
Dans son intervention à l’ouverture du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale de l’ONU, António Guterres a demandé à chaque gouvernement d’adopter un plan national de transition hors des combustibles fossiles, compatible avec l’objectif de limitation du réchauffement à 1,5 °C. Il souhaite que ces plans comportent notamment des échéances précises et des mesures de protection pour les travailleurs et les communautés affectés par la transition.
Le secrétaire général sortant a également mis en cause le poids économique et politique des grands groupes pétroliers. Selon les chiffres qu’il a cités, cinq grandes compagnies pétrolières occidentales auraient accumulé près de 500 milliards de dollars de bénéfices depuis l’invasion russe de l’Ukraine. Dans le même temps, il a comparé ce montant aux 34 milliards de dollars de financement public international consacré à l’adaptation des pays en développement, pour la dernière année disponible.
Cette comparaison place la question du financement climatique au centre du débat. Pour les pays vulnérables, l’adaptation ne concerne pas seulement la protection de l’environnement : elle implique aussi de renforcer les infrastructures, l’agriculture, la gestion de l’eau et les systèmes d’alerte face aux événements extrêmes.
L’adaptation et les pertes au cœur des discussions
Le programme du sommet prévoit justement des échanges consacrés au financement de l’adaptation et aux moyens de faire fonctionner à plus grande échelle les mécanismes liés aux pertes et dommages. L’ONU estime que les ressources disponibles restent très éloignées des besoins des pays exposés aux conséquences du réchauffement.
Les discussions portent également sur les réseaux électriques, le stockage de l’énergie, la réduction du méthane et la lutte contre la déforestation. L’enjeu est de faire progresser simultanément la réduction des émissions et la capacité des populations à absorber les chocs climatiques.
Un dernier plaidoyer avant le départ
Ce sommet constitue l’un des derniers grands rendez-vous internationaux sur le climat présidés par António Guterres avant la fin de son mandat. Son intervention s’inscrit dans une décennie où le climat est progressivement passé du statut de question environnementale à celui d’enjeu économique, énergétique et géopolitique.
Pour l’Afrique, fortement exposée aux effets du réchauffement tout en contribuant relativement peu aux émissions historiques, la question demeure particulièrement sensible : accélérer l’accès aux énergies propres tout en obtenant davantage de ressources pour l’adaptation.
À New York, le message porté par l’ONU associe ainsi deux impératifs : accélérer la transformation du système énergétique mondial et réduire l’écart entre les besoins climatiques des pays vulnérables et les financements effectivement disponibles. Le sommet devra surtout permettre de mesurer les engagements qui peuvent désormais se traduire en actions concrètes.


