Le Rwanda veut lever l’un des principaux obstacles au développement de son agriculture : l’accès au crédit. Un nouveau mécanisme de financement de 21 millions de dollars devrait permettre à des organisations paysannes et à des milliers de petits producteurs d’investir davantage dans leurs activités.

Le financement de l’agriculture familiale franchit une nouvelle étape au Rwanda. Le Fonds international de développement agricole (FIDA), la Banque de Kigali et Aceli Africa ont conclu un partenariat destiné à améliorer l’accès des organisations paysannes aux services financiers. Au total, 21 millions de dollars doivent être mobilisés pour accompagner le développement des exploitations et des structures de producteurs.
Sur cette enveloppe, 12 millions de dollars proviennent du FIDA, tandis que la Banque de Kigali apporte 9 millions de dollars. Le dispositif, baptisé Farmers’ Organizations Financing Programme – Rwanda (FOFP-R), ambitionne de renforcer environ 215 organisations paysannes, dont 172 devraient bénéficier directement de financements. Plus de 35 000 petits producteurs agricoles, notamment des femmes et des jeunes, pourraient ainsi être touchés.
Combler le déficit de financement agricole
L’initiative répond à un problème majeur du secteur agricole rwandais : l’accès encore limité aux financements. Selon le FIDA, près de 70 % des besoins financiers des organisations paysannes ne sont pas couverts. L’insuffisance des garanties, les difficultés de gestion financière et certaines faiblesses en matière de gouvernance compliquent notamment l’accès aux prêts bancaires.
Le programme entend réduire ces obstacles en combinant financement et accompagnement. Sur les 12 millions de dollars du FIDA, 9 millions sont consacrés à un prêt, 1,8 million au partage des risques et 1,2 million à l’assistance technique.
Cette dernière composante doit permettre aux organisations paysannes d’améliorer leur gouvernance, leur gestion financière et leurs outils numériques. L’objectif est également de rassurer les établissements financiers et de créer les conditions d’un accès plus durable au crédit.
Investir dans les chaînes de valeur
Les financements devraient soutenir plusieurs besoins des organisations paysannes : fonds de roulement, stockage, gestion post-récolte, agrégation des productions ou encore investissements destinés à améliorer la productivité.
Plusieurs filières agricoles sont ciblées, notamment le maïs, le riz, le manioc, le lait, l’horticulture et le haricot. À travers ces investissements, le programme cherche à permettre aux producteurs de mieux organiser leur production, d’accroître leur capacité de négociation et de mieux profiter des opportunités offertes par les marchés.
L’enjeu est particulièrement important dans un pays où l’agriculture occupe une place centrale dans l’économie et l’emploi rural.
Un modèle de financement à suivre
Au-delà des 21 millions de dollars annoncés, le Rwanda mise sur un mécanisme capable de rapprocher durablement les organisations paysannes du système bancaire. En combinant prêts, partage des risques et assistance technique, le FOFP-R pourrait ainsi contribuer à transformer le financement agricole en véritable levier d’investissement et de croissance des revenus ruraux.
L’expérience pourrait également intéresser d’autres pays africains confrontés au même défi : financer les petits producteurs sans laisser de côté les organisations qui les structurent.
@ceevalbenin


