À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages de nourriture, célébrée ce 29 septembre 2026, la FAO et le PNUE appellent à considérer la réduction des pertes alimentaires comme un levier de transformation des systèmes agroalimentaires. Cette septième édition est placée sous le thème du potentiel transformateur de la réduction des pertes et gaspillages alimentaires.

À l’échelle mondiale, environ 14 % des aliments produits sont perdus entre la récolte et le commerce de détail, tandis que 17 % sont gaspillés au niveau du commerce, de la restauration et de la consommation. En 2022, 1,05 milliard de tonnes de nourriture ont ainsi été gaspillées, soit près d’un cinquième des aliments disponibles pour les consommateurs. Dans le même temps, 645 millions de personnes ont souffert de la faim en 2025.
En Afrique, le problème prend une dimension particulière parce que les pertes interviennent souvent avant même que les aliments atteignent les marchés. Insuffisance des capacités de stockage, faiblesse des chaînes du froid, difficultés de transport et équipements post-récolte limités réduisent la quantité de produits effectivement valorisée par les agriculteurs. En Afrique de l’Ouest et au Sahel, où la FAO estimait que 41,8 millions de personnes étaient déjà confrontées à une insécurité alimentaire aiguë fin 2025, réduire ces pertes représente donc un enjeu de disponibilité alimentaire autant qu’un enjeu économique. Le Sénégal a d’ailleurs lancé en 2026 un projet soutenu par la FAO pour améliorer la gestion post-récolte dans plusieurs chaînes de valeur et valoriser les surplus alimentaires.

Au Bénin, la réduction des pertes post-récolte doit également être considérée comme un maillon de la performance agricole. Les travaux référencés par la FAO indiquent notamment des pertes importantes dans certaines filières : pour le maïs, céréale majeure dans l’alimentation nationale, des pertes post-récolte de 15 à 50 % ont été rapportées. Stockage amélioré, séchage maîtrisé, transformation locale, équipements adaptés et meilleure organisation des chaînes de commercialisation constituent autant de pistes pour conserver une plus grande part de la production. Pour CEEVaL Bénin, cette journée rappelle ainsi qu’augmenter la production ne suffit pas. Il faut aussi mieux conserver, transformer et valoriser ce qui est déjà produit. Réduire les pertes, c’est préserver le revenu des producteurs, économiser l’eau et les terres mobilisées pour produire et renforcer la sécurité alimentaire.


