Avec 25,4 % du PIB et 59,1 % des recettes d’exportation en 2025, l’agriculture confirme son poids dans l’économie béninoise. Mais les autorités veulent désormais aller au-delà de la performance productive, en misant sur la transformation des filières, la maîtrise de l’eau et l’amélioration des revenus des producteurs.

Le chiffre est révélateur de la place occupée par l’agriculture dans l’économie béninoise. En 2025, le secteur a représenté 25,4 % du Produit intérieur brut (PIB)et généré 59,1 % des recettes nationales d’exportation. Ces données ont été présentées lors de la revue de performance du secteur agricole, tenue le 22 septembre 2026 à Cotonou.
Cette performance s’accompagne d’autres avancées. Le Bénin a notamment été classé premier de la CEDEAO et cinquième en Afrique dans l’évaluation finale des engagements de Malabo sur la période 2015-2025. Les dépenses publiques consacrées à l’agriculture ont atteint 10,93 % des dépenses de l’État en 2025. Sur le terrain, 69 communes sont considérées comme couvrant de manière satisfaisante leurs besoins alimentaires, tandis que les conflits entre agriculteurs et éleveurs ont reculé de 42,8 %.
Produire ne suffit plus
Ces résultats ne masquent toutefois pas les difficultés qui persistent dans les exploitations et le long des chaînes de valeur. Accès aux intrants, financement, conseil agricole, innovations, stockage, infrastructures rurales et débouchés restent des préoccupations majeures. La transformation locale des productions et leur acheminement vers les unités industrielles constituent également des enjeux importants.
C’est dans ce contexte que le gouvernement prépare une nouvelle orientation pour les prochaines années. Les Programmes d’investissement filières (PIF) doivent progressivement prendre le relais des Programmes nationaux de développement des filières (PNDF). L’objectif annoncé est de disposer d’un cadre d’investissement davantage structuré autour des différentes chaînes de valeur.
L’industrialisation au cœur du prochain cycle

À l’horizon 2033, l’enjeu ne sera donc plus seulement d’augmenter les volumes produits. L’orientation présentée par le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche vise une approche couvrant l’ensemble de la chaîne : production, transformation, commercialisation et gouvernance.
Une attention particulière doit être accordée aux moyens de production eux-mêmes, notamment aux semences, à la mécanisation et aux solutions permettant une meilleure maîtrise de l’eau. Le financement, l’innovation et l’accès aux marchés devront également accompagner cette évolution.
Le ministre Adin Yeton Goubalan a surtout appelé à mesurer la performance agricole à partir de ses effets sur les producteurs. Derrière les statistiques de production ou de croissance, l’objectif affiché est d’améliorer leurs revenus, leurs conditions de travail et leur accès aux services essentiels.
Pour le Bénin, le prochain défi est ainsi clairement posé, celui de la transformation de la richesse agricole produite sur le territoire et faire en sorte que cette transformation profite plus directement aux exploitants. La réussite du cap 2033 dépendra autant des infrastructures et des investissements que de la capacité à répondre aux contraintes quotidiennes des producteurs.


