Sécheresse en Ouganda : plus de 154 000 enfants victimes de malnutrition

La crise alimentaire s’aggrave dans le Karamoja, au nord-est de l’Ouganda. Le nombre d’enfants nécessitant une prise en charge pour malnutrition aiguë est passé de 122 100 en juin à 154 200 actuellement, soit plus de 32 000 enfants supplémentaires concernés. Selon Save the Children, cette situation pourrait encore se détériorer de 25 % d’ici octobre 2026.

Près de 39 000 enfants exposés à la malnutrition aiguë sévère

Parmi les 154 200 enfants nécessitant une prise en charge nutritionnelle, environ 38 800 souffrent ou risquent de souffrir de malnutrition aiguë sévère. Cette forme particulièrement grave de malnutrition peut entraîner des complications importantes. Pour les organisations humanitaires présentes sur le terrain, l’augmentation rapide du nombre d’enfants touchés constitue un signal d’alerte majeur. « Nos équipes constatent chaque jour les conséquences de cette crise. Les familles nous disent qu’elles ont moins de nourriture sur la table, que les récoltes ont été faibles et que de plus en plus d’enfants arrivent dans les centres de santé en état de malnutrition », alerte Martha Ddambya, directrice nationale par intérim de Save the Children en Ouganda.

Sécheresse et faibles récoltes aggravent l’insécurité alimentaire

Cette dégradation de la situation est attribuée aux effets des sécheresses liées au phénomène El Niño. Les faibles précipitations ont affecté les récoltes et réduit la production agricole, fragilisant davantage les ménages ruraux. Dans plusieurs communautés, les réserves alimentaires se sont progressivement épuisées. Certaines familles sont contraintes de réduire le nombre de repas quotidiens ou peinent à accéder à une alimentation suffisamment diversifiée. La crise ne touche toutefois pas uniquement les enfants. Le nombre de personnes confrontées à des niveaux de crise ou d’urgence alimentaire aurait augmenté de plus de 40 % en quelques mois.

Le Karamoja est régulièrement confronté aux sécheresses, aux pénuries alimentaires et aux difficultés économiques. À ces fragilités structurelles s’ajoutent désormais les effets du changement climatique, le déficit d’infrastructures et la répétition des crises. Ces facteurs contribuent à fragiliser durablement les moyens de subsistance des populations et à accroître les risques de malnutrition infantile et d’insécurité alimentaire.

Face à l’augmentation des besoins, Save the Children indique renforcer ses actions avec le gouvernement ougandais et les communautés locales. L’organisation intervient dans le dépistage de la malnutrition, l’accès aux soins et l’accompagnement des familles dans la production alimentaire. Mais l’ONG estime que les besoins dépassent désormais les capacités actuelles de réponse. Elle appelle ainsi à une mobilisation internationale urgente et à des financements supplémentaires pour protéger les enfants les plus vulnérables.

Médard Clobechi

Retour en haut