Une étude scientifique publiée dans la revue Trees, Forests and People dresse pour la première fois un inventaire national des palmiers natifs du Bénin et des savoirs traditionnels qui leur sont associés. Menée sur plusieurs années, la recherche révèle une biodiversité riche, mais fragilisée par les activités humaines.

Ils sont présents dans les paysages, les pratiques quotidiennes et la mémoire des communautés béninoises. Pourtant, leur diversité et les savoirs qui leur sont associés étaient jusqu’ici peu documentés à l’échelle nationale. Une nouvelle étude vient combler cette lacune. Publiée en septembre 2026 dans Trees, Forests and People, elle constitue le premier inventaire national consacré aux palmiers natifs du Bénin et aux connaissances traditionnelles liées à leur utilisation.
Menée par une équipe de chercheurs béninois et internationaux, l’étude repose sur un important travail de terrain réalisé entre 2021 et 2025. Les chercheurs ont parcouru 239 sites répartis dans 38 communes, neuf départements et trois zones phytogéographiques. Ils ont également organisé 87 groupes de discussion et recueilli les témoignages de 1 244 personnes.
Douze espèces recensées
Les travaux ont permis d’identifier 12 espèces de palmiers natifs au Bénin. Parmi elles figure Hyphaene guineensis, une espèce considérée comme sévèrement menacée et signalée pour la première fois dans le pays par cette étude. Cette découverte donne une nouvelle dimension aux enjeux de conservation de la flore béninoise.
Mais l’intérêt de l’étude ne se limite pas à l’inventaire botanique. Les chercheurs ont recensé 246 usages traditionnels, répartis dans six grandes catégories : artisanat, médecine, alimentation, usages magico-religieux, bois de chauffe et cosmétique. L’artisanat représente la part la plus importante des usages documentés.
Ces résultats montrent l’étroite relation entre les communautés et ces espèces végétales. Les connaissances ne sont toutefois pas uniformément réparties. L’étude relève notamment des différences selon les groupes ethniques et le niveau d’éducation des personnes interrogées.
Des palmiers sous pression
Derrière cette richesse se profile cependant une autre réalité : celle de la dégradation des habitats naturels. Les chercheurs identifient plusieurs menaces, parmi lesquelles la surexploitation des ressources, l’expansion agricole, les feux d’origine humaine, l’extraction de sable et l’urbanisation.
La disparition des palmiers ne signifierait donc pas seulement la perte d’espèces végétales. Elle pourrait également entraîner l’effacement progressif de savoirs transmis entre générations.
Conservation et transmission
Pour inverser cette tendance, les auteurs recommandent notamment la création de pépinières de palmiers, le développement de stratégies de conservation dans les milieux naturels et hors de ces milieux, ainsi que l’intégration des espèces dans les systèmes agroforestiers.
Les réserves communautaires, les jardins botaniques et les espaces verts scolaires pourraient également devenir des lieux de conservation et de transmission de ces connaissances.
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