Dans le sud-ouest de l’Ouganda, les communautés locales renforcent leurs efforts pour restaurer les forêts situées autour du parc national de la Forêt impénétrable de Bwindi. Ceci s’est fait à travers la plantation d’arbres et la sensibilisation des populations. ces initiatives visent à réduire la pression exercée sur l’habitat des gorilles des montagnes, une espèce toujours menacée malgré la progression de ses effectifs.

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, le parc national de Bwindi abrite environ 450 gorilles des montagnes, soit près de la moitié de la population mondiale de cette espèce. Si leur nombre a augmenté au cours des dernières années, leur habitat naturel demeure limité et soumis à différentes pressions. Pour contribuer à la préservation de la forêt, plusieurs associations locales mettent des plants d’arbres à la disposition des habitants. Les espèces sélectionnées peuvent notamment servir au bois de chauffage, à la médecine traditionnelle ou encore à l’artisanat.
L’objectif est de permettre aux populations de disposer de ressources naturelles à proximité de leurs villages, afin de limiter leur dépendance aux espaces protégés. « La plantation d’espèces indigènes contribue également à renforcer la biodiversité », souligne Christina Katushabe, fondatrice de Change a Life Bwindi. Selon elle, ces arbres peuvent aussi fournir davantage de nourriture à la faune sauvage.
La mobilisation s’étend également aux établissements scolaires. Les jeunes sont sensibilisés à la plantation d’arbres et à la protection de la forêt. Cette approche doit leur permettre de devenir des acteurs de la conservation tout en bénéficiant, à terme, de ressources disponibles autour de leurs communautés. Le tourisme constitue un autre levier de cette stratégie. Les activités liées à l’observation des gorilles génèrent des revenus pour les populations locales et peuvent renforcer l’intérêt économique de la préservation de leur habitat.
Après avoir été au bord de l’extinction au siècle dernier, le gorille des montagnes connaît aujourd’hui une progression de ses effectifs. Sa population mondiale dépasse désormais le millier d’individus. Malgré cette évolution, l’espèce reste classée en danger et demeure fortement dépendante de la conservation de son habitat naturel.
À Bwindi, la restauration des forêts apparaît ainsi comme un enjeu à la fois environnemental et communautaire. Pour les acteurs locaux, protéger les gorilles passe aussi par la recherche d’un équilibre entre les besoins des populations et la préservation durable de leur environnement.
Médard Clobechi


