Prévision océanique : Cotonou au cœur d’une coopération scientifique entre l’Afrique et l’Europe

Du 12 au 14 octobre 2026, Cotonou accueille le deuxième atelier annuel du projet OPERA, consacré au développement des capacités africaines en matière de prévision océanique. L’enjeu : mieux anticiper les risques côtiers et mettre la science au service des populations et des économies littorales.

Comment prévoir l’évolution des vagues, des courants marins ou du niveau de la mer sans disposer de données fiables et de spécialistes suffisamment formés ? C’est l’un des défis auxquels veut répondre le projet OPERA (Ocean Prediction Enhancement in Regions of Africa), dont les partenaires se retrouvent à Cotonou pour trois jours de travaux. Coordonné par Mercator Ocean International et financé par l’Union européenne, ce programme de cinq ans ambitionne de renforcer durablement l’expertise africaine en prévision océanique. Il prévoit notamment la mise en place de Centres régionaux d’excellence capables de produire et de diffuser des informations utiles à la gestion des espaces maritimes et côtiers.

Anticiper les risques grâce aux données océaniques

Les prévisions marines ne concernent pas uniquement les scientifiques. Elles peuvent aider les pêcheurs à mieux préparer leurs sorties, contribuer à la sécurité de la navigation et permettre aux autorités d’anticiper certains phénomènes dangereux sur les côtes. Elles constituent également un outil d’aide à la planification des infrastructures et des activités économiques liées à la mer. Or, l’accès aux données océaniques et aux compétences nécessaires pour les exploiter demeure inégal sur le continent. OPERA entend contribuer à réduire cet écart en développant des systèmes de prévision adaptés aux besoins des pays africains. L’atelier de Cotonou permettra aux institutions partenaires de présenter leurs avancées, d’échanger sur les développements techniques envisagés et d’identifier les collaborations susceptibles de renforcer les dispositifs régionaux de surveillance.

Former une nouvelle génération de spécialistes africains

Le renforcement des compétences constitue un autre volet important du programme. En juillet 2026, OPERA a lancé sur la plateforme FutureLearn un cours en ligne intitulé Fundamentals of Ocean Forecasting. Selon les données du projet, 1 385 personnes issues de 111 pays l’ont suivi, dont 770 participants provenant de 41 pays africains. Parmi eux, 339 ont terminé la formation et obtenu un certificat. Organisée avec la CIPMA-Chaire UNESCO de l’Université d’Abomey-Calavi et plusieurs partenaires béninois et régionaux, la rencontre doit également favoriser le partage de connaissances entre chercheurs, institutions et acteurs de la prévision marine. Au-delà des échanges scientifiques, l’ambition est de faire émerger une expertise africaine capable de produire et d’utiliser ses propres informations océaniques. Un enjeu stratégique pour des pays côtiers confrontés aux risques maritimes et aux effets du changement climatique.

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