Après plusieurs années d’interdiction d’exploitation, le kosso et l’afzelia font l’objet d’une attention scientifique renouvelée au Bénin. L’objectif est de mieux connaître l’état de ces essences forestières et de contribuer à leur préservation, dans un contexte de pression croissante sur les ressources naturelles.

La protection des espèces forestières ne peut reposer uniquement sur les interdictions. Elle nécessite également des données fiables sur l’évolution des peuplements, leur capacité de régénération et les facteurs qui compromettent leur survie. C’est dans cette perspective que s’inscrit l’intérêt porté au kosso (Pterocarpus erinaceus) et à l’afzelia (Afzelia africana), deux arbres recherchés notamment pour la qualité de leur bois.
L’afzelia, en particulier, fait face à plusieurs menaces : exploitation du bois, prélèvement de branches, extension des terres agricoles, feux de végétation et sécheresse. Une étude publiée en 2026, fondée sur les connaissances écologiques des communautés et des inventaires forestiers au Bénin, confirme le déclin de cette espèce. Les chercheurs observent une prédominance de petits arbres et une présence limitée de jeunes sujets dans plusieurs sites, ce qui révèle des difficultés de renouvellement des populations. citeturn733996search0
Concilier protection et gestion durable
Ces constats rappellent que l’interdiction d’abattage, lorsqu’elle s’applique, doit s’accompagner d’un suivi scientifique et de mesures de restauration. La régénération naturelle assistée, le reboisement ciblé et la protection des arbres dans les espaces communautaires figurent parmi les pratiques recensées par les chercheurs. citeturn733996search1
L’enjeu est aussi économique et social. Les ressources forestières contribuent aux moyens de subsistance des populations, mais leur raréfaction menace les usages locaux et l’équilibre des écosystèmes. Une meilleure connaissance du kosso et de l’afzelia peut donc aider à orienter les décisions publiques, les actions de conservation et les stratégies de gestion durable.
Au-delà des interdictions, la préservation de ces essences dépendra de la capacité à faire respecter la réglementation, à associer les communautés et à garantir le renouvellement des arbres. La recherche constitue ainsi un outil essentiel pour éviter que ces ressources ne disparaissent progressivement des paysages béninois.


