Du 20 au 24 avril 2026, la 5ᵉ édition de l’Advanced School on Tropical Agriculture (ASTA), organisée au Maroc sur le campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique, a réuni chercheurs, doctorants, décideurs et agri-influenceurs autour d’un enjeu central : repenser les systèmes agricoles africains à l’aune du Nexus eau-énergie-alimentation-climat. Entre formation de haut niveau, immersion scientifique et dialogue multi-acteurs, cette édition marque une étape décisive dans la construction d’une agriculture plus résiliente et intégrée sur le continent.

Un programme d’excellence au croisement des savoirs et des territoires
Portée par l’Université Mohammed VI Polytechnique, en partenariat avec la OCP Foundation et l’Université de São Paulo, l’ASTA s’inscrit dans une dynamique de formation d’élites agricoles africaines capables de répondre aux défis contemporains.
L’édition 2026 a mis l’accent sur le Nexus eau-énergie-alimentation-climat, une approche systémique qui analyse les interdépendances entre ressources naturelles et production agricole. Cette orientation répond à une urgence : améliorer l’efficacité des systèmes agricoles tout en renforçant leur résilience face aux chocs climatiques.
Le programme a combiné des sessions académiques de haut niveau, animées par des enseignants-chercheurs internationaux, ainsi que des visites de fermes innovantes et de centres de recherche de pointe. Les participants ont ainsi pu confronter théorie et pratique, dans une logique d’innovation appliquée.
Dans les communications institutionnelles, portées notamment par les équipes de coordination du programme dirigées par Yassir Abouaimad, avec l’implication académique de Tiago Tezotto et le soutien actif de la OCP Foundation, représentée par Houda Ghazi, l’accent est mis sur la création d’un écosystème d’apprentissage collaboratif où se croisent expertise scientifique, expérience de terrain et capacité d’influence.
Des profils hybrides : chercheurs, praticiens et influenceurs agricoles
L’une des spécificités de cette édition réside dans l’intégration d’un programme de sponsoring dédié aux « Agricultural Influencers ». Quatre profils africains ont été sélectionnés pour leur capacité à mobiliser des communautés et à diffuser les connaissances agricoles à grande échelle.




Aux côtés de Désiré AGBESSI, consultant béninois et CEO de CEEVAL Bénin, trois autres agri-influenceurs (Addisu Fekadu Andeta de l’Ethiopie, Lucy Chioma Aniagolu du Nigéria et Sifa Florence Sangwa du Rwanda) ont pris part à cette expérience immersive. Tous partagent un point commun : une forte capacité d’engagement sur les plateformes numériques et une implication active dans les dynamiques agricoles locales.
Leur présence traduit une évolution notable des politiques de formation : au-delà des chercheurs et doctorants, les programmes intègrent désormais des relais d’opinion capables d’assurer la vulgarisation et l’appropriation des savoirs.
Encadrés par des professeurs et experts internationaux parmi lesquels Ghani Chehbouni, Ana Cláudia dos Santos Luciano, João Marques, Fatima Driouech, Giuliano Locosselli, Samir Rachidi, Nabil El Moçayd et Rachid Moussadek, ces participants ont bénéficié d’un cadre d’apprentissage exigeant. Les interventions ont notamment porté sur l’optimisation de l’usage de l’eau, les transitions énergétiques en agriculture et les stratégies d’adaptation au changement climatique.
Du savoir à l’impact, l’ASTA vise à former des catalyseurs de transformation
Au cœur de l’ASTA, l’ambition est de transformer les participants en véritables catalyseurs de changement dans leurs écosystèmes respectifs.
Les exigences du programme en témoignent. Chaque bénéficiaire du sponsoring s’engage à produire un rapport détaillant les modalités de diffusion des connaissances acquises, ainsi qu’à poursuivre son implication dans les sessions futures. Cette logique de redevabilité vise à garantir un impact concret au-delà de la formation elle-même.
Dans ce cadre, les agri-influenceurs sont appelés à jouer un rôle clé. En mobilisant leurs communautés, agriculteurs, jeunes entrepreneurs, coopératives, ils contribuent à faire circuler les innovations et à accélérer leur adoption.
Les échanges entre participants ont également permis d’identifier des pistes de collaboration transnationale, notamment autour de projets pilotes intégrant des approches agroécologiques et des solutions technologiques adaptées aux réalités africaines.
Une dynamique continentale face aux défis agricoles

L’ASTA 2026 s’inscrit dans un contexte africain marqué par l’insécurité alimentaire persistante, la dégradation des sols, la pression démographique et la vulnérabilité accrue aux changements climatiques.
Dans ce paysage, l’approche Nexus apparaît comme une réponse pertinente, en invitant à dépasser les logiques sectorielles pour adopter une vision intégrée des systèmes agricoles.
La participation d’acteurs comme Désiré AGBESSI et ses homologues africains illustre l’émergence d’une nouvelle génération de leaders agricoles connectés, engagés et capables de faire le lien entre science, innovation et terrain.
Pour des structures comme CEEVAL Bénin, ces dynamiques ouvrent des perspectives concrètes en matière de renforcement de capacités, de partenariats internationaux et de visibilité. Mais au-delà des trajectoires individuelles, c’est une transformation plus large qui se dessine, celle d’une agriculture africaine qui se construit en réseau, s’appuie sur la connaissance et valorise ses propres talents.

À l’issue de cette édition, l’enjeu principal reste la traduction des acquis en actions concrètes : Formation des producteurs, expérimentation de nouvelles pratiques, diffusion des connaissances via les réseaux numériques, les leviers sont multiples.
L’ASTA, en réunissant chercheurs, praticiens et influenceurs, pose les bases d’un modèle collaboratif susceptible d’accélérer la transition agricole du continent.
Reste à inscrire cette dynamique dans la durée, en renforçant les passerelles entre institutions, acteurs de terrain et décideurs. Car c’est bien dans cette articulation que se joue l’avenir de l’agriculture africaine, une agriculture capable de nourrir, d’innover et de résister, dans un monde en mutation rapide.


