À l’occasion de la 3ᵉ Journée de l’étudiant béninois de l’École africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme (EAMAU), la Société de Gestion des Déchets et de la Salubrité (SGDS) a appelé les futurs architectes et urbanistes à intégrer la gestion des déchets dès la conception des bâtiments et des quartiers. Une approche jugée indispensable pour accompagner l’urbanisation croissante du Bénin.

La question des déchets ne devrait plus être traitée comme une préoccupation intervenant après la construction des bâtiments ou l’aménagement des villes. C’est l’un des principaux messages ressortis du panel consacré à la gestion durable des déchets solides, tenu jeudi 20 août 2026 à la Maison des Bâtisseurs ONUAB à Cotonou.
Organisée dans le cadre de la 3ᵉ Journée de l’étudiant béninois de l’EAMAU, la rencontre avait pour thème : Déchets solides au Bénin : contribution de l’urbanisme et de l’architecture à une gestion durable. La SGDS y était représentée par Dr Edouard HOUNKPONOU, Chef Division Traitement des déchets solides, qui a insisté sur les liens étroits entre la conception des villes, l’architecture et l’efficacité du système de gestion des déchets.
Des bâtiments à adapter aux exigences de la collecte
Au Bénin, le dispositif de gestion repose notamment sur la collecte directe auprès des ménages dans les zones suffisamment viabilisées et sur la pré-collecte dans les secteurs moins accessibles. Les déchets sont ensuite acheminés vers les centres de transfert puis vers les centres d’enfouissement technique. Mais l’état des voies d’accès peut encore perturber la régularité des opérations.
Pour la SGDS, ces contraintes doivent être anticipées dès la conception des bâtiments. Les habitations, immeubles, établissements publics et privés devraient notamment disposer d’espaces adaptés au stockage temporaire des déchets, avec des dispositifs favorisant la séparation des déchets biodégradables et non biodégradables.
Cette exigence concerne également les établissements de santé, où des espaces spécifiques doivent être prévus pour faciliter la gestion des déchets biomédicaux et l’évacuation des équipements et contenants nécessaires.
Le tri et l’accessibilité au cœur des enjeux
L’urbanisme a également un rôle déterminant à jouer. La localisation des infrastructures de gestion des déchets doit permettre leur accessibilité aux services compétents tout en limitant les nuisances pour les populations. Les zones difficiles d’accès restent en effet plus exposées aux difficultés de collecte et de tri.
Sur le volet valorisation, la SGDS a indiqué avoir déjà installé 31 unités de tri, permettant notamment de récupérer cartons, bouteilles et plastiques. Une unité de tri mécanisé est également envisagée afin d’accroître les capacités de récupération des matières valorisables.
À Cotonou, la mise en place envisagée d’une centrale d’achat devrait par ailleurs encourager le tri à la source en offrant aux populations la possibilité de vendre certaines matières triées.

Vers une nouvelle conception de la ville
Avec l’accroissement de la population, de l’urbanisation, de l’industrialisation et des activités économiques, la production de déchets est appelée à évoluer. Face à cette réalité, architectes et urbanistes sont invités à intégrer davantage les infrastructures et les contraintes de gestion des déchets dans leurs projets.
La participation de la SGDS au panel de l’EAMAU aura ainsi permis de rappeler une évidence devenue stratégique : une ville propre se pense aussi au moment où elle se construit. Pour les futurs professionnels, cela signifie concevoir des bâtiments accessibles aux services de collecte, réserver des espaces aux déchets, anticiper les besoins en tri et traitement et favoriser la séparation à la source.
Cette réflexion rejoint pleinement le thème central de la Journée de l’étudiant : Architecture, eau et déchets : concevoir les villes béninoises face aux défis contemporains


